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Green logistique et flux tendu : un combat perdu d’avance ?

agir sur le transport

agir sur le transport

 

La contradiction n’est pas difficile à trouver si on s’en tient aux principes du flux tendu : l’approvisionnement doit arriver juste à temps pour la production afin de limiter au maximum le temps de stockage et le produit final doit repartir aussi vite que possible afin de limiter stockage et délais. C’est pourquoi on pouvait parfois voir des containers à moitié remplis prendre la route vers les distributeurs.

Or le développement durable cherche à limiter au maximum le transport, un pari perdu d’avance ? Pas si sûr que ça… Effectivement, la notion de flux tendu est bien ancrée dans la logistique actuelle, d’autant qu’elle a fait ses preuves en terme de coûts. Néanmoins, optimiser au maximum le taux de remplissage d’un camion est un levier qui permet d’agir directement sur les coûts de transport.

Pour cela, les entreprises peuvent compter sur l’innovation et sur de nouvelles pratiques. Par exemple, améliorer le conditionnement et l’emballage du produit après une étude précise peuvent être l’un des meilleurs moyens d’agencer les produits dans un camion de façon optimale. L’action peut aussi se faire en amont, une réorganisation de la production peut amener à obtenir des quantités optimisées pour le transport et à réduire les départs de camions ayant un taux de remplissage faible.

Le prix du transport ne peut que s’accroître dans les années à venir, alors de nouvelles solutions vont devoir voir le jour. On peut imaginer un léger recul au niveau des délais, par exemple en mettant en place des plates-formes de « stockage courte durée » qui permettront de jouer l’intermédiaire entre la production et le transport. Ainsi, le remplissage sera optimisé ! Tout est question de calcul, le coût du transport d’espace vide est t’il plus important que celui du stockage d’un produit… pour l’instant peut-être pas, mais dans les décennies à venir, c’est à voir !

Les flux tendus sont largement dépendants des transports, or ceux-ci risquent une réorganisation complète avec les pénuries de pétrole… Aussi, on peut raisonnablement penser que le flux tendu ne disparaitra jamais car les clients seront toujours plus exigeants, mais qu’il devra s’adapter et se renouveler selon l’évolution de la situation mondiale.

Logistique durable : une démarche globale !

Approvisionnement en flux tendu

Approvisionnement en flux tendu

 

Le développement durable entre souvent dans l’entreprise par la logistique. Fait quelque peu révélateur des points d’amélioration possibles de l’entreprise, et donc de ses faiblesses en terme de gaspillage. La logistique dans son ensemble, est un secteur qui a évolué vite et qui regroupe l’essentiel des coûts d’un produit (approvisionnement, transport, coût des matières premières, retours…). C’est aussi l’un des secteurs où les solutions durables se sont développé le plus vite, preuve que le processus de flux tendu n’était pas encore arrivé à maturité complète.

La logistique durable semble donc en bonne voie. Le contexte étant ce qu’il est, les facteurs, qui jusque là permettaient d’initier une démarche plus responsable, devraient s’exacerber et pousser les entreprises vers un projet global de développement durable. On note 3 facteurs principaux :

–       La rareté accrue des matières premières ;

–       Une règlementation nationale et internationale de plus en plus stricte ;

–       Une plus grande sensibilité du consommateur aux labels qualité et écologiques.

Néanmoins, nous sommes encore loin d’une logistique verte globale.

Focus – d’après l’Observatoire de la Supply Chain :

–       83% des entreprises ont une stratégie environnementale (à plus ou moins long terme)

–       35% de ces entreprises ont mis en place une supply chain verte (principalement axée sur l’éco-conduite et une optimisation du chargement)

Alors qu’aujourd’hui les entreprises sont confrontées à 3 points majeurs : maitrise des coûts, maitrise de la qualité et optimisation de la réactivité de l’organisation.

La seule solution à ces enjeux est une approche globale de l’ensemble des services et des processus. L’entreprise ne doit pas se cloisonner à améliorer un service indépendamment d’un autre mais envisager des innovations et des réorganisations durables et transversales. La coordination des flux physiques (matières premières, produits…) et des flux d’information doit se faire dans son ensemble et une certaine interdépendance doit être conservée entre les divisions.

Les actions ponctuelles bien qu’efficaces trouveront rapidement leurs limites dès lors que les normes s’intensifieront. L’idéal serait donc de concilier actions à effet immédiat et investissements à long terme.

Le processus durable va de la définition des objectifs à l’extension du projet aux fournisseurs (point développé dans l’article Réaliser une logistique durable dans son entreprise).

« Mieux vaut prendre le changement par la main, avant qu’il ne nous prenne à la gorge » Churchill

Logistique verte : Des entrepôts nouvelle génération !

La logistique verte amène à repenser le processus dans sa globalité aussi, les bâtiments n’y échappent pas. Sans forcément recommencer à zéro, il est aujourd’hui possible d’adapter ses entrepôts et d’avoir un impact positif sur la politique de l’entreprise.

C’est le grand retour du bois dans la construction des entrepôts. Jusque là conçus sans réel souci de l’environnement, la structure en bois vient déloger les vieilles habitudes en matière de bâtiment industriel. Une meilleure isolation, des ouvertures pour la lumière, les idées ne manquent pas pour réduire ses factures d’énergies et concevoir des bâtiments plus respectueux.

Au-delà de la construction en elle-même, des aménagements voient le jour un peu partout : récupération des eaux de pluie, traitement des eaux usées dans des bassins de décantation, mise en place d’éoliennes, pose de panneaux solaires. Le but est de réduire au maximum l’impact de la production et du stockage sur l’environnement. On recherche alors l’indépendance énergétique par une autoproduction et par des procédés moins énergivores. De la création de parking de vélos, l’organisation de covoiturage au changement des ampoules par des LED ou des ampoules basse consommation, tout est bon pour aller vers une logistique durable !

L’énergie produite par l’entrepôt peut même l’amener à être suffisamment autonome pour alimenter et recharger des véhicules électriques comme le Distrivep ou des tracteurs électriques. Dès lors, les chariots de manutentions deviennent quasiment parfaitement propre puisqu’ils ne rejettent de CO2 ni lors de leur utilisation, ni lors de leur recharge ! C’est alors l’un des systèmes de manutention les plus aboutis et rentable en matière d’approvisionnement durable.

L’entrepôt recherche aujourd’hui une intégration plus poussée à son environnement, on trouve d’ailleurs fréquemment de larges espaces d’herbes et d’arbres autours des bâtiments qui limitent ainsi volontaire leur pollution sonore et visuelle par rapport à la ville. Les entrepôts du futur seront sans doute moins nombreux, plus grands mais surtout mieux intégrés à la nature (soit enterrés, soit recouverts de murs végétaux).

Finis la multitude de petits bâtiments spécialisés qui augmente le débit de transports nécessaires. L’heure est au regroupement des plates formes logistiques vers une logique éclatée. On mutualise les capacités d’entreposage et de transport et on réduit ainsi les coûts. La logistique de demain sera à la coopération !

On ne cherche pas à réduire les volumes, mais à accroître l’efficience et la rapidité des roulements de cycles. Développement durable ne rime pas avec décroissance mais avec une organisation plus respectueuse de la nature et des hommes.

entrepot avec des panneaux solaires

entrepot avec des panneaux solaires