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Les derniers kilomètres sont les plus chers : logistique et transport !

 

 

Alors que le transport de marchandises a augmenté de près de 30% de 1995 à 2005, le mode de transport des produits aux différentes étapes de leur conception devient un enjeu central.

Les transports et la logistiques peuvent représenter jusqu’à 75% de l’empreinte carbone d’une entreprise. Aussi, bien que changer d’entrepôt ait un impact réel, repenser le transport dans sa globalité devient essentiel. D’autant que, loin d’être une préoccupation purement écologique, la logistique globale représente en moyenne 10 à 15% des coûts finaux des produits finis. Coût que l’entreprise cherche légitimement à minimiser sans nuire à l’efficacité du système.

Parmi les 4 principaux modes de transports, la route reste prépondérante loin devant le fret ferroviaire, les voies navigables intérieures et les oléoducs. En effet, elle représente environ 73% du transport total de marchandises en Europe. 

L’Europe a donc pris des mesures afin de basculer petit à petit vers des modes de transport dits « durables » visant à atténuer la dépendance aux combustibles fossiles mais aussi à engager une réflexion et une réorganisation de l’ensemble des systèmes logistiques sur le territoire européen.

Le rapport de 2006 a mis l’accent sur la nécessité de développer la comodalité au cours du cycle de vie du produit. Le but étant de favoriser l’utilisation de plusieurs modes de transports selon qu’il s’agit de longue ou courte distance, de transport ponctuel ou non, et selon le volume de produit.

Les points noirs sont actuellement situés au niveau des nœuds de connexions entre ces différents transports. Le passage du transport maritime au routier est déjà bien connu mais celui entre le ferroviaire et la route, ou le ferroviaire et le maritime sont encore loin d’être opérationnels et efficaces.

C’est pourquoi le plan d’action européen adopté en Octobre 2007 souligne l’importance des liens entre les différents modes de transports et la nécessité de développer des moyens de transbordement adaptés et d’optimiser la gestion transfrontalière des flux de marchandises (souvent freinés par une gestion administrative lourde).

Dans cette optique, les derniers kilomètres parcourus par le produit pour rejoindre les centres urbains s’avèrent souvent les plus complexes à optimiser. Mauvaise organisation des villes, trafic chaotique, livraison sauvage. Il paraît aberrant de trouver des poids lourds en ville alors que les voitures ont du mal à y circuler, or c’est pourtant le cas !

Dans ce cas, utiliser un transport durable est une solution, mais ne se suffit pas à elle-même. Il devient inévitable de créer des « hubs » de redistribution à l’extérieur des villes, qui permettront de fluidifier l’approvisionnement en marchandise des différents centres de commerce des hyper-centres.

Dès lors, les véhicules électriques ont un véritable rôle à jouer car ils permettent de s’intégrer au trafic classique, de livrer sans gêner la circulation (grâce à leurs dimensions), de limiter la pollution sonore et surtout de réduire considérablement le coût du dernier kilomètre. La rotation des véhicules leur permet de se recharger et d’être opérationnels dans leur roulement et donc d’approvisionner en continue les points de vente.

Green logistique et flux tendu : un combat perdu d’avance ?

agir sur le transport

agir sur le transport

 

La contradiction n’est pas difficile à trouver si on s’en tient aux principes du flux tendu : l’approvisionnement doit arriver juste à temps pour la production afin de limiter au maximum le temps de stockage et le produit final doit repartir aussi vite que possible afin de limiter stockage et délais. C’est pourquoi on pouvait parfois voir des containers à moitié remplis prendre la route vers les distributeurs.

Or le développement durable cherche à limiter au maximum le transport, un pari perdu d’avance ? Pas si sûr que ça… Effectivement, la notion de flux tendu est bien ancrée dans la logistique actuelle, d’autant qu’elle a fait ses preuves en terme de coûts. Néanmoins, optimiser au maximum le taux de remplissage d’un camion est un levier qui permet d’agir directement sur les coûts de transport.

Pour cela, les entreprises peuvent compter sur l’innovation et sur de nouvelles pratiques. Par exemple, améliorer le conditionnement et l’emballage du produit après une étude précise peuvent être l’un des meilleurs moyens d’agencer les produits dans un camion de façon optimale. L’action peut aussi se faire en amont, une réorganisation de la production peut amener à obtenir des quantités optimisées pour le transport et à réduire les départs de camions ayant un taux de remplissage faible.

Le prix du transport ne peut que s’accroître dans les années à venir, alors de nouvelles solutions vont devoir voir le jour. On peut imaginer un léger recul au niveau des délais, par exemple en mettant en place des plates-formes de « stockage courte durée » qui permettront de jouer l’intermédiaire entre la production et le transport. Ainsi, le remplissage sera optimisé ! Tout est question de calcul, le coût du transport d’espace vide est t’il plus important que celui du stockage d’un produit… pour l’instant peut-être pas, mais dans les décennies à venir, c’est à voir !

Les flux tendus sont largement dépendants des transports, or ceux-ci risquent une réorganisation complète avec les pénuries de pétrole… Aussi, on peut raisonnablement penser que le flux tendu ne disparaitra jamais car les clients seront toujours plus exigeants, mais qu’il devra s’adapter et se renouveler selon l’évolution de la situation mondiale.

Optimiser le transport pour réduire les coûts et les émissions de CO2 !

A chacun sa technique !

A chacun sa technique !

 

Selon l’Ademe, les flux de marchandises sont responsables de plus de 40% des émissions de CO² du secteur des transports en France ce qui fait de ce secteur l’un des plus souvent montré du doigt.

L’augmentation constante des échanges courtes et moyennes distances rend le secteur du transport routier l’un des plus pollueur car la croissance des échanges est telle qu’il est impossible de la compenser par des actions ponctuelles. Ce secteur est d’autant plus au centre des préoccupations que l’on prévoit une augmentation des échanges intra-communautaires de près de 50% d’ici 2015 !

Néanmoins, la flambée des coûts logistiques liés au transport routier devrait accélérer le processus de logistique verte dès lors que les entreprises seront face au mur. En effet, celles-ci, largement passives malgré quelques tentatives, ne pourront répercuter éternellement le prix du pétrole sur le prix du produit. D’autant qu’une taxe carbone semble se profiler d’ici quelques années.

Le transport combiné parait la meilleure alternative actuellement au problème des coûts et des émissions de CO2 : fret ferroviaire + fret maritime + transport fluvial + transport multimodal. Aujourd’hui près d’un entrepôt sur 2 est relié au ferroviaire, mais l’encombrement des lignes souvent vétustes pousse les industriels à leur préférer la route. De plus, la complexité des processus logistiques de production, d’assemblage et d’approvisionnement complique largement la tâche qui impliquerait une réorganisation complète de l’ensemble du processus.

D’autres actions ciblées ont prouvées leur efficacité :

–       La réduction des emballages et leur plus grande praticité améliore le coefficient de remplissage des transporteurs et permis ainsi de diminuer le nombre de camions ;

–       Les véhicules électriques tels que les tracteurs électriques et chariots de manutention électriques permettent de limiter largement les émissions de CO² (effet accrue s’il y a installation d’éoliennes ou de panneaux photovoltaiques). Innovep a accompagné de nombreux groupes qui ont adopté sans regrets ce type de véhicule plus sûrs et mieux adaptés aux zones de production.

–       TMS (Transport Management System) : il permet de planifier, observer et détecter les éventuels défauts et donc d’améliorer l’exécution des opérations – ce qui limite le nombre de retours et de réclamations. Il permet grâce à une analyse précise de mieux organiser les transports et donc de réduire coûts logistiques et rejets de CO2

–       Les outils de géolocalisation des véhicules permettent de savoir la position des véhicules en temps réel, d’effectuer des opérations d’optimisation et de mieux appréhender les délais,

–       L’étiquetage des marchandises avec des codes barres RFID permet la dématérialisation des procédures administratives et facilitent le suivi des produits…

Autant d’idées parmi tant d’autres qui ont fait leurs preuves et sont actuellement mises en œuvre par de nombreux groupes.

Focus : 3150 Tonnes de CO² économisé par an grâce à la mutualisation du transport !

Certains ont déjà sautés le pas : c’est le cas des sociétés Colgate, Henkel et Reckitt-Benckiser. Leurs palettes sont livrées dans un même camion aux mêmes clients ce qui permet d’optimiser le taux de remplissage des camions –de 75% à 100%- et donc de diminuer leur nombre de 20% environ. Ce programme de mise en commun d’une partie du process logistique a vu le jour sous le nom de « Hecore » (on reconnaîtra le début de chaque société !) et est organisé par Kuehne et Nagel sur deux sites différents. Depuis 2006, le système fonctionne et représente tant un gain de CO² qu’un large gain de coûts de transport.